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Le Bombyx disparate en Corse

samedi 8 juin 2019

L’entrée dans le XXIe siècle a vu la réapparition en Corse de ce défoliateur aux pullulations impressionnantes mais qui se révèle être un fauteur de troubles plus qu’un véritable ennemi des forêts.

Le Bombyx disparate est le plus important ravageur des forêts de chênes de tout l’Hémisphère nord.
Originaire du Japon et de Corée où ses chenilles s’attaquent au mélèze, il s’est peu à peu répandu vers l’ouest, consommant des centaines de végétaux différents y compris des conifères et des plantes du sous-bois, mais s’attaquant toujours de préférence aux chênes.

Claire Villemant, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, nous décrit dans ce document, format pdf, le cycle de ce papillon et ses cinq phases larvaires sous forme de chenilles.

Mais en voilà un bref extrait ;
« Des forêts exsangues, un bruit de pluie et des hommes... déroutés
Lors de la phase de culmination, la densité des chenilles devient considérable et les surfaces de forêt défoliées peuvent atteindre des dizaines de milliers d’hectares. Dans la subéraie de la Mamora au Maroc, l’effectif d’une population en culmination a été évalué à 100 millions d’œufs, 30 millions de chenilles et 10 à 20 000 adultes par hectare.
Dans de tels cas, le sol des forêts est alors recouvert d’une épaisse couche de crottes qui tombent des arbres comme de la pluie.

Des tas de cadavres de chenilles mortes de faim finissent par s’accumuler au pied des arbres entièrement défoliés. Les chenilles survivantes qui ont alors entre 2,5 et 3,5 cm de long
quittent massivement les zones infestées ; on les voit traverser les routes en grand nombre et les conducteurs risquent de déraper en écrasant ce tapis de chenilles !

D’autres pénètrent en masse dans les jardins et les maisons à la grande frayeur des habitants qui passent leurs journées à les chasser à coups de balai, au jet d’eau ou en pulvérisant (en vain, car d’autres arrivent sans cesse) le contenu d’innombrables bombes insecticides.

La plupart des végétaux sont alors attaqués par les chenilles affamées : conifères, arbustes du maquis (arbousiers, lentisques...), arbres d’ornement (ormes, acacias, micocouliers, catalpas, tilleuls...) et même eucalyptus. Seuls l’olivier et le figuier sont épargnés.

En 2001, dans l’affolement provoqué par cette soudaine pullulation, un habitant de la commune de Bonifacio a abattu les arbres de sa propriété tandis qu’un cafetier voisin brûlait ses parasols remplis de chrysalides en formation. Pour se protéger des chenilles tombant continuellement des arbres, rien de tel qu’un parapluie.

En 2001 comme en 2002, beaucoup de campings dont les clients avaient fui se sont vus contraints de fermer jusqu’à ce que les arbres refassent un nouveau feuillage.  »


Les larves du Calosome sont les pires ennemies des chenilles et des chrysalides. Avec leurs puissantes mandibules et leur corps noir rempli de graisse, couverts d’écailles semblables à une armure, elles font souvent encore plus peur aux humains que leurs proies.

Le Calosome est le prédateur le plus remarquable que l’on puisse trouver après quelques années de pullulation. En un mois d’activité, chaque adulte peut tuer plus de deux cents chenilles
Ses reflets scintillants, passant du vert ou rouge, signalent leur présence dans les arbres.

Portfolio

  • La chenille
  • Chêne liège après passage des chenilles
  • Chenille du Bombyx disparate sur une branche de chêne liège
  • Chenille du Bombyx disparate dans un lentisque
  • Chenilles formant cocon
  • Larve de Calosome
  • Bomyx mâle après sa mue en papillon
  • Calosome adulte